Plan de développement des compétences – Guide RH 2026

Le plan de développement des compétences, parfois appelé plan de développement des compétences entreprise, est devenu un outil central pour toute entreprise qui souhaite piloter sérieusement sa politique de formation. Entre obligations légales, enjeux stratégiques et dispositifs de financement parfois complexes, beaucoup de responsables RH et de managers se retrouvent face à un document qu’ils construisent dans l’urgence, sans méthode claire.

Cet article vous propose une approche structurée pour élaborer un plan de développement des compétences entreprise réellement aligné sur vos enjeux business, de l’identification des besoins jusqu’au suivi des actions.

Plan de développement des compétences entreprise – Guide RH 2026

Temps de lecture : ~10 min

  1. Qu’est-ce que le plan de développement des compétences et pourquoi est-il obligatoire ?
  2. Actions obligatoires et non obligatoires : une distinction clé dans le PDC
  3. Comment élaborer un plan de développement des compétences en six étapes
  4. PDC et CPF : deux outils complémentaires mais distincts
  5. Financer son plan de développement des compétences via un OPCO
  6. Aligner le plan de développement des compétences sur vos enjeux business réels
  7. Aller plus loin avec votre plan de développement des compétences
  8. FAQ

Définition du plan de développement des compétences

Le plan de développement des compétences (PDC) est le document par lequel un employeur recense l’ensemble des actions de formation qu’il met en place pour ses salariés. Il peut inclure des actions de formation classiques (présentiel, distanciel, AFEST), des bilans de compétences et des validations des acquis de l’expérience (VAE). Il constitue le cadre de référence de la politique de formation de l’entreprise.

plan de développement des compétences entreprise

Cadre légal et obligations de l’employeur

Sur le plan légal, l’article L6321-1 du Code du travail impose à tout employeur deux obligations fondamentales : assurer l’adaptation de chaque salarié à son poste de travail, et veiller au maintien de sa capacité à occuper un emploi au regard des évolutions des métiers, des technologies et des organisations. Il s’agit d’une obligation de résultat, pas d’une simple déclaration d’intention. L’article L4121-1 ajoute une obligation de formation à la sécurité, qui doit également s’intégrer dans le PDC.

Toute entreprise employant au moins un salarié est par ailleurs tenue de contribuer au financement de la formation professionnelle, via une contribution collectée par les URSSAF et redistribuée aux OPCO. La question n’est donc pas de savoir si vous devez former vos collaborateurs, mais comment vous organisez cette obligation de manière stratégique et documentée.

Bon à savoir : Les TPE et PME de moins de 50 salariés ne sont pas tenues de formaliser un PDC écrit. Elles restent cependant soumises aux obligations d’adaptation, de maintien dans l’emploi et de formation à la sécurité prévues par le Code du travail.

Actions obligatoires et non obligatoires : une distinction clé dans le PDC

Les actions de formation obligatoires

Le PDC distingue deux catégories d’actions, et cette distinction a des conséquences directes sur les conditions d’organisation et de rémunération des formations.

Les actions obligatoires, définies à l’article L6321-2 du Code du travail, sont celles imposées par une convention internationale, une loi ou un règlement, et qui conditionnent l’exercice d’une activité ou d’une fonction. Elles doivent obligatoirement se dérouler sur le temps de travail avec maintien intégral de la rémunération. Les formations à la sécurité, les habilitations réglementaires ou les formations imposées par une convention de branche en sont des exemples courants.

Les actions de formation non obligatoires

Les actions non obligatoires visent le développement des compétences au-delà du poste actuel. Elles peuvent, avec l’accord écrit du salarié, se dérouler en partie hors temps de travail, dans la limite de 30 heures par an. C’est dans cette catégorie que l’on retrouve la grande majorité des formations liées à la montée en compétences managériales, commerciales ou techniques.

Comparaison des actions obligatoires et non obligatoires du PDC
Critère Actions obligatoires (L6321-2) Actions non obligatoires
Base légale Loi, règlement, convention internationale Initiative de l’employeur
Temps de réalisation Obligatoirement sur le temps de travail Temps de travail ou hors temps (30 h/an max avec accord)
Maintien de la rémunération Oui, intégral Oui pendant le temps de travail
Exemples Habilitations, formations sécurité, certifications réglementaires Formations management, vente, communication, soft skills

Comment élaborer un plan de développement des compétences en six étapes

Construire un PDC sérieux ne se résume pas à lister des formations dans un tableau Excel. Il s’agit d’un exercice de priorisation stratégique qui articule les enjeux de l’entreprise, les besoins des équipes et les contraintes budgétaires.

Analyser la stratégie de l’entreprise

La première étape consiste à analyser la stratégie de l’entreprise pour l’année ou les deux années à venir. Quels sont les projets de transformation, les nouveaux marchés visés, les évolutions technologiques à intégrer ? C’est à partir de ces orientations que le recueil des besoins en formation prend tout son sens. Sans cet ancrage stratégique, le PDC reste un catalogue déconnecté de la réalité opérationnelle.

Recueillir les besoins en formation

La deuxième étape est le recueil des besoins. Il se fait à deux niveaux : auprès des managers, qui remontent les écarts de compétences observés dans leurs équipes, et auprès des collaborateurs eux-mêmes, notamment via les entretiens professionnels. L’article L2312-24 du Code du travail prévoit d’ailleurs que le CSE soit consulté chaque année sur les orientations de la formation et sur le PDC dans les entreprises de plus de 50 salariés.

Prioriser les actions de formation

La troisième étape est la priorisation. Tous les besoins exprimés ne peuvent pas être couverts en une seule année. Il faut arbitrer entre les formations qui relèvent d’une obligation légale (priorité absolue), celles qui soutiennent directement un enjeu business identifié, et celles qui relèvent du développement individuel à plus long terme.

Construire le budget formation

La quatrième étape est la construction du budget formation. Elle intègre le coût des actions retenues, les frais pédagogiques, les éventuels frais de déplacement et d’hébergement, ainsi que le coût du temps passé en formation. C’est également à ce stade que vous mobilisez les financements disponibles via votre OPCO.

Formaliser le plan

La cinquième étape est la formalisation du plan. Un PDC structuré doit contenir les éléments suivants :

  • Les orientations stratégiques qui le justifient
  • Le bilan du PDC précédent, si applicable
  • La liste des formations retenues (intitulé, objectif, durée, modalité, statut)
  • Les indicateurs de suivi prévus

Suivre et évaluer les actions

La sixième étape est le suivi et l’évaluation. Un plan sans indicateurs de suivi ne produit aucune donnée utile pour l’année suivante. Définissez dès le départ les métriques que vous utiliserez : taux de réalisation, satisfaction des participants, transfert des acquis en situation de travail, impact mesurable sur la performance.

PDC et CPF : deux outils complémentaires mais distincts

Une confusion fréquente chez les responsables formation consiste à mélanger le PDC et le Compte Personnel de Formation (CPF). Ces deux dispositifs sont fondamentalement différents dans leur logique.

plan de développement des compétences entreprise

Le PDC est un outil de l’employeur. C’est lui qui en définit le contenu, qui finance les actions retenues et qui en assure le pilotage. Les formations inscrites au PDC se déroulent dans l’intérêt de l’entreprise, même si elles bénéficient également au salarié.

Le CPF est un droit individuel attaché à la personne du salarié. Il lui appartient, il en choisit librement l’usage, et son activation ne nécessite pas l’accord de l’employeur sauf dans certains cas spécifiques. Le salarié peut mobiliser son CPF pour financer une formation qui n’est pas prévue au PDC, y compris en dehors du temps de travail. Certains parcours éligibles au CPF peuvent d’ailleurs être combinés avec des actions inscrites au PDC.

Ces deux dispositifs peuvent toutefois se combiner. Un employeur peut abonder le CPF d’un salarié pour financer une formation qui répond à un besoin identifié dans le PDC. Le dispositif Pro-A (reconversion ou promotion par alternance) constitue une troisième voie, permettant à un salarié de se qualifier ou de se reconvertir via une formation en alternance, financée en partie par l’OPCO de la branche.

Important : La non-présentation du PDC aux représentants du personnel dans les entreprises de plus de 50 salariés peut être qualifiée de délit d’entrave, passible d’une amende pouvant atteindre 7 500 euros selon les dispositions du Code du travail.

Financer son plan de développement des compétences via un OPCO

Les OPCO (Opérateurs de Compétences) jouent un rôle central dans le financement du plan de développement des compétences. Chaque entreprise est rattachée à un OPCO en fonction de sa branche professionnelle. Ces organismes collectent les contributions des entreprises à la formation professionnelle et peuvent prendre en charge tout ou partie des coûts pédagogiques des actions inscrites au PDC.

Les modalités de prise en charge varient selon la taille de l’entreprise, la nature de la formation et les priorités définies par la branche. Les PME de moins de 50 salariés bénéficient généralement de conditions plus favorables, avec des enveloppes dédiées et des procédures simplifiées. Il est fortement recommandé de contacter votre OPCO en amont de la construction du PDC pour identifier les financements mobilisables et les formations prioritaires selon les accords de branche en vigueur.

Pour les formations éligibles, le recours à un organisme certifié Qualiopi est indispensable pour accéder aux financements publics et mutualisés. Cette certification garantit la qualité du processus pédagogique et constitue un critère de sélection incontournable lorsque vous choisissez un prestataire de formation intra-entreprise.

Aligner le plan de développement des compétences sur vos enjeux business réels

Un plan de développement des compétences efficace ne se construit pas à partir d’un catalogue de formations disponibles. Il part des enjeux business de l’entreprise pour remonter vers les compétences nécessaires, puis vers les actions de formation les plus adaptées pour combler les écarts identifiés.

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Cette logique d’alignement suppose d’impliquer les managers opérationnels dès la phase de recueil des besoins. Ce sont eux qui observent au quotidien les écarts de compétences dans leurs équipes, qui identifient les situations de travail où la performance n’est pas au rendez-vous. Sans leur contribution, le PDC risque de refléter des souhaits individuels plutôt que des priorités collectives.

L’articulation avec la GPEC (ou GEPP, Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels) est également déterminante. Dans les entreprises de plus de 300 salariés, la GEPP est encadrée par des obligations légales spécifiques. Pour les PME et ETI, elle constitue un cadre de réflexion utile pour anticiper les évolutions des métiers et construire des parcours certifiants cohérents avec les trajectoires professionnelles des collaborateurs.

Enfin, la digitalisation du plan de formation via un SIRH dédié permet de gagner en lisibilité et en efficacité : suivi en temps réel du taux de réalisation, gestion des demandes de formation, reporting automatisé pour le CSE, et traçabilité des dépenses. Pour les structures qui n’ont pas encore investi dans ces outils, un fichier structuré reste une base solide à condition d’être tenu à jour régulièrement.

Chez Le Practice, nous accompagnons les responsables formation et les directions commerciales de PME et d’ETI dans la construction de dispositifs intra-entreprise sur mesure, directement intégrables dans le PDC. Nos formations en management d’équipe, en négociation commerciale B2B et en communication DISC sont conçues pour produire des effets mesurables en situation de travail, pas seulement en salle de formation. Vous pouvez découvrir nos parcours de formation ou consulter notre page dédiée à la formation management entreprise.

Aller plus loin avec votre plan de développement des compétences

Le plan de développement des compétences entreprise n’est pas un exercice administratif de plus. Bien construit, il devient un levier de performance réel : il structure la montée en compétences des équipes, sécurise l’employeur sur le plan légal, optimise l’utilisation des financements disponibles et aligne la politique de formation sur les priorités stratégiques de l’entreprise.

La clé est de sortir de la logique catalogue pour adopter une approche par les enjeux, en impliquant les managers, en pilotant les indicateurs et en choisissant des prestataires capables de produire des effets concrets sur le terrain.

FAQ

Toutes les entreprises sont-elles obligées de formaliser un plan de développement des compétences écrit ?

Non. Les obligations de formation s’appliquent à toutes les entreprises dès le premier salarié, mais la formalisation écrite d’un PDC est surtout exigée dans les entreprises de plus de 50 salariés, notamment dans le cadre de la consultation annuelle du CSE. Les TPE et PME de moins de 50 salariés peuvent ne pas disposer d’un document formalisé, mais restent soumises aux obligations d’adaptation au poste et de maintien dans l’emploi.

À quelle fréquence le PDC doit-il être présenté au CSE ?

Dans les entreprises de plus de 50 salariés, le CSE doit être consulté chaque année sur les orientations de la formation professionnelle et sur le contenu du PDC, conformément à l’article L2312-24 du Code du travail. Cette consultation doit intervenir avant l’adoption définitive du plan, généralement en fin d’année pour l’exercice suivant.

Peut-on intégrer des formations en blended learning ou en distanciel dans le PDC ?

Oui. Le PDC peut inclure toutes les modalités pédagogiques reconnues par le Code du travail : formation présentielle, formation à distance, action de formation en situation de travail (AFEST), classes virtuelles ou parcours mixtes. L’important est que la formation soit dispensée par un organisme certifié Qualiopi si vous souhaitez mobiliser des financements OPCO ou CPF.

Quelle est la différence entre le PDC et la GEPP ?

Le PDC est un outil opérationnel annuel qui liste les actions de formation prévues pour les salariés. La GEPP (Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels, anciennement GPEC) est une démarche stratégique de moyen terme qui vise à anticiper les évolutions des métiers et à adapter les ressources humaines en conséquence. Le PDC s’inscrit dans la GEPP : il en est l’un des outils de mise en œuvre concrets.

Un salarié peut-il refuser une formation inscrite au PDC ?

Un salarié peut refuser une formation non obligatoire qui se déroulerait en dehors de son temps de travail, sans que ce refus constitue une faute. En revanche, le refus d’une formation obligatoire réalisée sur le temps de travail et directement liée à l’adaptation au poste peut être considéré comme une faute professionnelle, selon les circonstances et la jurisprudence applicable.

Comment mesurer le retour sur investissement des formations inscrites au PDC ?

Le ROI d’une formation se mesure à plusieurs niveaux : le taux de satisfaction à chaud, le transfert des acquis en situation de travail évalué à froid (généralement 30 à 90 jours après la formation), et l’impact sur des indicateurs business concrets comme le taux de closing, le taux de turnover ou la qualité de la prise de décision managériale. Définir ces indicateurs avant la formation, et non après, est la condition pour obtenir une mesure fiable.